Le blog de Lambert Wilson repris cette semaine dans le Huffington Post!

Postez vos commentaires ici et dans le Huff Post… l’acteur continue de faire parler d’Haïti, et n’est pas prêt de s’arrêter!

Bientôt de retour dans le pays Caraïbe?… A suivre!

Photo: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Rencontre Daniel Marcelin - Lambert Wilson !

De passage en Haïti du 24 au 30 avril dernier, le comédien français de renommée internationale, Lambert Wilson a visité plusieurs projets de développement.

Notre confrère Daniel Marcelin l’avait rencontré, au micro de Radio Métropole, au terme de sa visite, le mardi 30 avril dernier.

Radio CANAL+HAÏTI reprend l’intégralité de cette intéressante interview, le mardi 7 Mai, à Minuit (heure d’Haïti), 6hre du matin (heure de France), 15hres (heure de la Nouvelle-Calédonie).

Un partenariat Daniel Marcelin/ Radio Métropole/Radio CANAL+HAÏTI

Le blog de Lambert Wilson – Mardi 30 avril 2013 : à l’aéroport international Toussaint Louverture (Port-au-Prince)

image

C’est le moment du départ, six jours après mon arrivée. Je suis triste de quitter Haïti. Normalement, je suis toujours heureux de partir, quand les choses sont faites, vers de nouvelles aventures. Et là, je serais resté encore longtemps. C’est drôle car, indépendamment des choses dures que j’ai vues, j’ai découvert un attachement à ce pays et aux gens très surprenant. J’ai trouvé les haïtiens extraordinaires. Entre le premier jour où j’arrivais de New York et aujourd’hui, je pense que j’ai vécu une expérience personnelle très profonde. J’ai découvert des forces que j’ignorais en moi, je me suis confronté avec des choses de moi-même que je ne connaissais pas comme par exemple ce qui se passe quand on se confronte à des situations difficiles comme la pauvreté ou la violence. Il y a définitivement un après Haïti pour moi - par rapport à Haïti et dans ma vie personnelle.

A quand le retour ? Dès que cela va être possible. Je vais contacter les agences des Nations Unies pour voir ce que je peux faire et réfléchir à la direction à prendre. Je veux mettre mes forces à disposition. Ce n’est pas seulement faire de la médiatisation ou de la publicité. J’ai envie d’agir, de fournir un effort de rassemblement de fonds et de m’investir sur le terrain.

Je quitte un endroit d’une beauté extraordinaire. Un endroit abimé mais en même temps riche de possibilités extraordinaires. J’ai rencontré une population fascinante par sa force, son énergie, sa gentillesse, malgré un premier contact parfois distant.

Je suis très conscient de l’effort hallucinant de la MINUSTAH et des ONG dans ce pays. Mais je pars aussi un peu énervé quant à ce reflexe qui est d’en vouloir à ce gros ‘bazar’ parce qu’il fait penser à l’armée, aux ‘envahisseurs’, et qui fait oublier qu’il y a eu un don énorme de populations entières venues soutenir Haïti. Mais je pars aussi en me disant que ce pays doit trouver avec ses propres forces un moyen de résoudre sa situation.

Alors… à très bientôt !

 

Photo: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Lambert Wilson à Cité Soleil
Dessin de Joao Baptista - UN/MINUSTAH

Lambert Wilson à Cité Soleil

Dessin de Joao Baptista - UN/MINUSTAH

Le blog de Lambert Wilson – Lundi 29 avril 2013 : dans les montagnes au-dessus de Port-au-Prince

Ce matin, dans les hauteurs de Port-au-Prince, nous avons visité un projet que j’ai trouvé extrêmement cohérent, car il mélange des notions sociales d’emploi et de réinsertion des jeunes des quartiers difficiles à qui l’on propose un travail. Ils améliorent leur quotidien dans la ville en construisant des murs de pierre dans cette ravine à flanc de montagne afin de retenir la terre en cas de pluies importantes. En travaillant, ces jeunes vont pouvoir gagner de l’argent, un minimum syndical respectable, afin d’améliorer à la fois leur quotidien et l’environnement de leur île. Ce projet est le fruit d’une très bonne collaboration entre la MINUSTAH et une association locale, l’Organisation des jeunes professionnels pour sauver Haïti. Avec l’aide d’agronomes, ils construisent ces murs en pierre sèche semblables à nos ‘restanques’ dans le midi, qui retiennent la terre et s’endurcissent au fil des ans pour constituer des remparts contre l’eau.

Je crois que ces jeunes sont très respectés dans le projet car on les emploie et en même temps ce sont leurs familles qu’ils protègent en empêchant le déferlement de l’eau si dévastatrice dans les quartiers bas. Il y a aussi des rencontres et des formations sur la violence, car, issus de quartiers très difficiles, ils appartiennent parfois à des gangs. Cela les responsabilise et peut faire germer une réflexion dans leur esprit par rapport à cette notion de violence.

Cependant je pars avec une impression mitigée. L’étendue des travaux à faire est énorme. Je me sens préoccupé car il y a une sorte de désintérêt du reste du monde. Les ONG et les Nations Unies ont fourni un gros effort, alors on se dit que le pire est passé, qu’il y a d’autres chantiers dans le monde, et l’on donne de l’argent pour d’autres priorités. Il y a effectivement des initiatives intéressantes en Haïti mais celles-ci auront besoin de l’oxygène que pourront leur apporter des soutiens extérieurs et, je l’espère, du gouvernement.

image

Saint Soleil

Après cela, nous avons continué notre progression dans la montagne pour atteindre le village de Soissons et la communauté artistique de Saint Soleil. C’est un ‘collectif d’artistes’ initié par le plasticien Tiga dans les années 70. Celui-ci a décidé, pour lutter contre la super commercialisation de l’artisanat pour touristes, de trouver une alternative en aidant des gens talentueux qui avaient d’autres métiers et qui ne dépendaient pas de l’art pour vivre. Il y a maintenant plusieurs générations d’artistes de Saint Soleil. Nous avons rencontré l’un d’entre eux, très doué, Onel. Côtés sur le marché de l’art, ils travaillent dans de bonnes conditions puisqu’ils ne sont pas en péril de survie en tant qu’artistes.

image

On pourrait imaginer que l’art passe au deuxième plan après les crises mais il reste vivant et l’existence de cette forme d’expression reste essentielle. J’avais noté depuis mon arrivée que l’Haïtien en général a un oeil pour l’arrangement des couleurs, des végétaux. C’est un pays tellement beau que j’imagine que cela instille dans l’œil un goût de l’esthétique. C’est frappant quand on arrive ici.

Il y a une sorte d’équation ‘Haïti = problèmes’. Même s’il y a des difficultés, il y a aussi des choses extraordinaires dans ce pays. La géographie, les paysages et les Haïtiens sont merveilleux. Ils m’ont complètement séduit. Pourtant, on ignore cela en lisant les journaux. Il est clair que, plus on avance dans la découverte d’Haïti, plus on se rend compte de sa complexité avec des strates sociales compliquées, une histoire très lourde, un rapport au politique pesant. Ça serait prétentieux de dire que je puisse être utile mais, en même temps, j’ai envie de revenir, si possible avec un projet. Maintenant c’est concret, j’ai vu les gens, les paysages, les situations et surtout un cadre dans lequel je peux m’impliquer, si les Nations Unies veulent bien continuer à travailler avec moi. Et maintenant, de retour en France, j’entre dans la période de réflexion.


Crédit photos: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Port-au-Prince - 27 avril 2013: Le comédien français Lambert Wilson dialogue autour du cinéma et du métier d’acteur avec des étudiants, acteurs et cinéastes haïtiens lors d’une ‘master class’ organisée par l’Institut Français en Haïti, l’Ambassade de France et la MINUSTAH.
Crédit photo: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Port-au-Prince - 27 avril 2013: Le comédien français Lambert Wilson dialogue autour du cinéma et du métier d’acteur avec des étudiants, acteurs et cinéastes haïtiens lors d’une ‘master class’ organisée par l’Institut Français en Haïti, l’Ambassade de France et la MINUSTAH.

Crédit photo: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Le blog de Lambert Wilson – Vendredi 26 avril 2013: Cité Soleil (Port-au-Prince)

Ce soir, à Cite Soleil, nous avons été accueillis par le bataillon brésilien Brabat de la MINUSTAH. Il s’apprêtait à donner un spectacle préparé pour les enfants de Cité Soleil dans leur amphithéâtre de la Place de la fierté. Après un dîner à la cantine des Casques bleus, le spectacle a commencé : de la musique brésilienne puis des démonstrations de capoeira avec les soldats brésiliens et les enfants, ce qui était absolument génial. Ils organisent ce genre d’événement régulièrement pour les enfants et les adultes de Cité Soleil. Et puis, après un spectacle de danse traditionnelle, je suis venu présenter un film pour les enfants, « Sur la piste du Marsupilami ». Le propos était de présenter un divertissement qui a marché très fort en France. Je me dis souvent qu’on ne sait jamais quelle graine on va semer. Il y a toujours des enfants qui vont être touchés par quelque chose, qui vont découvrir le cinéma… il faut toujours se dire qu’on sème à tout vent en espérant que des graines germeront.

image

J’ai envie de revenir à Cite Soleil, c’est ma pensée ce soir… J’ai appris aujourd’hui sur l’existence récente du bidonville, liée à des conditions très spécifiques historiques et économiques. Et puis il y a eu des accroches journalistiques très spectaculaires sur ce quartier de la capitale comme « l’endroit le plus dangereux de la planète », etc… Mais je pense qu’il faut savoir déchiffrer, ne pas s’arrêter à un slogan, poser des questions. Si, un jour, je devais participer à un projet d’aide à Haïti, il serait fondamental de connaître la carte complète du pays. J’ai plein de questions à poser : dans la rue, je me demande comment les gens se débrouillent pour acheter à manger, quel job ils font… Il y a une grande dignité dans le peu de moyens que l’on rencontre dans la ville, mais à Cite Soleil on est face à une situation qui suscite de multiples interrogations.

Je crois que ce voyage va déclencher quelque chose en moi. J’ai bien compris qu’il faut savoir où l’on met les pieds, savoir ce que l’on porte et aider dans le bon sens. Je n’ai finalement jamais été sur le terrain comme ça, avec des organisations, de façon aussi longue. Tout cela fait énormément réfléchir

Crédit photo: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Le blog de Lambert Wilson en Haïti - Vendredi 26 avril 2013: Aquin (Sud)

Ce matin, départ à 8h30 pour un projet de reforestation à Renaud, dans le Sud. L’écologie, c’est mon champ d’action… j’ai été longtemps militant écologiste. Alors il était très intéressant pour moi de visiter ce projet de « gestion des bassins versants Sud » administré par le PNUD. D’une portée à la fois écologique et socioéconomique, ce programme consiste à faire replanter de jeunes arbres à de petits propriétaires terriens. A long terme, cela facilite le reboisement des montagnes qui sont complètement pelées. Mais ce qui est positif c’est que cela responsabilise les propriétaires et valorise leurs terres puisqu’ils peuvent ainsi planter des pousses de caféier à l’ombre des jeunes arbres.

image

J’ai été touché par la participation importante des femmes dans la protection de leur environnement. Dans une zone très sèche du Sud, j’ai vu le fruit du travail d’une association de femmes, un projet bien organisé. La pépinière de ‘Tête Létang’ comprend 200 000 plantules qui, à long terme, peuvent déboucher sur la commercialisation des pousses et apporter ainsi une manne financière à ces femmes. Là, j’ai symboliquement replanté des arbres dans des godets… ce que je fais depuis l’âge de 14 ans ! J’ai une maison à la campagne, en Bourgogne, et,  contrairement à ce que l’on pense, j’aime avoir les pieds dans la terre plutôt que dans les soirées mondaines.

Ici, ce qui me passionne, c’est l’énergie… les gens travaillent dur ici. Je dois dire que c’est l’un des voyages les plus passionnants de ma vie. Chaque jour me surprend davantage !

Crédit photo: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

25 plays

Le blog de Lambert Wilson en Haïti - Jeudi 25 avril 2013: Les Cayes (Sud)

Lambert Wilson au micro de Myrline Lucien, reporter à MINUSTAH FM pour le Sud d’Haïti, témoigne de sa rencontre avec les jeunes acteurs des ‘Podiums pour la Paix’ aux Cayes (Jeudi 25 avril 2013)

LAMBERT WILSON : SA BIOGRAPHIE

Né en 1958 à Paris, Lambert Wilson a étudié le théâtre au Drama Centre de Londres. Il a  obtenu son premier rôle dans “Julia” (1977), de Fred Zinnemann, suivi par d’une comédie La Boum 2 (1982). Zinnemann le dirigea à nouveau aux côtés de Sean Connery dans Five Days One Summer” (1982) et en 1983, il joue aux côtés de Brooke Shields dans “Sahara” de Andrew V. McLaglen.

Sa carrière a pris une nouvelle ampleur en 1989, avec sa performance récompensée par plusieurs prix dans Hiver 1954, dans lequel il incarne l’Abbé Pierre, prêtre catholique fondateur d’Emmaüs – une association en faveur des sans-abri et des réfugiés présente dans 36 pays à travers le monde (y compris Haïti). Depuis lors, Lambert Wilson est resté étroitement lié à la solidarité sociale et à la lutte contre l’extrême pauvreté.

Lambert Wilson a travaillé avec les plus grands réalisateurs européens, dont Andrzej Wajda, Carlos Saura, André Téchiné, Claude Chabrol et Raoul Ruiz. Au théâtre, il été dirigé par Jean-Louis Barrault et Harold Pinter, ainsi qu’au Teatro alla Scala dans “Candide”  de Leonard Bernstein et dans deux productions différentes de “A Little Night Music” de Stephen Sondheim au Théâtre National de Grande-Bretagne et au Théâtre du Châtelet, à Paris. Il a en outre mis en scène plusieurs pièces, dont “Les Caprices de Marianne” d’Alfred de Musset et “Bérénice” de Jean Racine, avec Kristin Scott-Thomas et Carole Bouquet, ainsi que “Music Hall”, avec Fanny Ardant.

En plus de deux épisodes de “Matrix”, il est apparu dans “Timeline” (2003) de Richard Donner, “Catwoman” (2004), et des comédies populaires françaises telles que “Jet Set”  (2000) et “Palais Royal” (2005). Il a également une relation de travail étroite avec Alain Resnais avec qui il a collaboré sur quatre films - “On connaît la chanson” (1997), “Pas sur la bouche”  (2003), “Cœurs” (2006) et “Vous n’avez encore rien vu!” (2012).

Récemment, il a été vu dans “Des hommes et des dieux” (2010), Grand Prix du Festival de Cannes 2010,  “La Princesse de Montpensier” de Bertrand Tavernier (2010) et Sur la piste du Marsupilami” (2012). Plus récemment, il a  joué dans “The Hollow Crown”  (2012), une adaptation télévisée réalisée par Sam Mendes de la seconde tétralogie historique de Shakespeare, The Henriad.

En tant que chanteur, Lambert Wilson a enregistré cinq albums solo. Il a en outre été membre du jury au Festival international du film de Marrakech et a présidé la section Un Certain Regard au Festival de Cannes. Lambert Wilson a été fait Officier des Arts et Lettres en 2007 et élevé au rang d’Officier de l’Ordre National du Mérite par le gouvernement français l’an dernier.