Lors de son premier séjour en Haïti, le célèbre acteur francais Lambert Wilson a été marqué par les projets de protection de l’environnement. Invité par la MINUSTAH, l’interprète du Mérovingien dans Matrix a tenté de récolter un maximum d’information, à Port-au-Prince et dans le Sud du pays sur cette cause qui le touche de près depuis son enfance. A son retour en Europe, c’est promis, il fera jouer son aura de personnage public auprès de toutes les instances qui comptent, avant de revenir ici, s’engager plus concrètement. (langue: créole)

Reportage MINUSTAH TV: Alban Mendes de Leon, Oldy Joel Auguste

Rencontre Daniel Marcelin - Lambert Wilson !

De passage en Haïti du 24 au 30 avril dernier, le comédien français de renommée internationale, Lambert Wilson a visité plusieurs projets de développement.

Notre confrère Daniel Marcelin l’avait rencontré, au micro de Radio Métropole, au terme de sa visite, le mardi 30 avril dernier.

Radio CANAL+HAÏTI reprend l’intégralité de cette intéressante interview, le mardi 7 Mai, à Minuit (heure d’Haïti), 6hre du matin (heure de France), 15hres (heure de la Nouvelle-Calédonie).

Un partenariat Daniel Marcelin/ Radio Métropole/Radio CANAL+HAÏTI

Le Nouvelliste/Ticket magazine, Port-au-Prince, 2 mai 2013: Carrure imposante, barbu et cheveux blancs. Lambert Wilson, 54 ans, ne repart pas d’Haïti avec un sentiment d’écrasement, ni une impression de traumatisme. Ce comédien français, à ne pas confondre à Christophe Lambert, a visité Haïti dans la semaine du 24 avril 2013. Dans une ville pas comme les autres, il a vu la plus insupportable misère du monde. Des choses épouvantables et formidables, de belles initiatives prises par des êtres-progrès. Il a vu des projets réalisés, d’autres non aboutis.

Lire la suite…

Le blog de Lambert Wilson - la galerie photo du voyage en Haïti, du 24 au 30 avril 2013 - Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Encore + de photos ici…

Des questions? Des commentaires? Don’t hesitate!

Ayiti News, Port-au-Prince, Vendredi 26 avril 2013: « Les haïtiens doivent prendre leurs responsabilités pour relever les défis socio-environnementaux et politique auxquels est confronté le pays »… Déclaration de l’artiste français Lambert Wilson qui poursuit sa visite en Haïti. Après Aquin, Les Cayes, Lambert Wilson s’est rendu vendredi soir à Cité Soleil.

Lire la suite…

Port-au-Prince, le 30 avril 2013- Le comédien Lambert Wilson a conclu, ce mardi 30 avril, sa visite de six jours en Haïti, au cours de laquelle il a visité plusieurs projets des Nations Unies et rencontré de nombreux Haïtiens engagés dans la défense de l’environnement et la promotion de la culture.

Lire la suite…

Le blog de Lambert Wilson – Mardi 30 avril 2013 : à l’aéroport international Toussaint Louverture (Port-au-Prince)

image

C’est le moment du départ, six jours après mon arrivée. Je suis triste de quitter Haïti. Normalement, je suis toujours heureux de partir, quand les choses sont faites, vers de nouvelles aventures. Et là, je serais resté encore longtemps. C’est drôle car, indépendamment des choses dures que j’ai vues, j’ai découvert un attachement à ce pays et aux gens très surprenant. J’ai trouvé les haïtiens extraordinaires. Entre le premier jour où j’arrivais de New York et aujourd’hui, je pense que j’ai vécu une expérience personnelle très profonde. J’ai découvert des forces que j’ignorais en moi, je me suis confronté avec des choses de moi-même que je ne connaissais pas comme par exemple ce qui se passe quand on se confronte à des situations difficiles comme la pauvreté ou la violence. Il y a définitivement un après Haïti pour moi - par rapport à Haïti et dans ma vie personnelle.

A quand le retour ? Dès que cela va être possible. Je vais contacter les agences des Nations Unies pour voir ce que je peux faire et réfléchir à la direction à prendre. Je veux mettre mes forces à disposition. Ce n’est pas seulement faire de la médiatisation ou de la publicité. J’ai envie d’agir, de fournir un effort de rassemblement de fonds et de m’investir sur le terrain.

Je quitte un endroit d’une beauté extraordinaire. Un endroit abimé mais en même temps riche de possibilités extraordinaires. J’ai rencontré une population fascinante par sa force, son énergie, sa gentillesse, malgré un premier contact parfois distant.

Je suis très conscient de l’effort hallucinant de la MINUSTAH et des ONG dans ce pays. Mais je pars aussi un peu énervé quant à ce reflexe qui est d’en vouloir à ce gros ‘bazar’ parce qu’il fait penser à l’armée, aux ‘envahisseurs’, et qui fait oublier qu’il y a eu un don énorme de populations entières venues soutenir Haïti. Mais je pars aussi en me disant que ce pays doit trouver avec ses propres forces un moyen de résoudre sa situation.

Alors… à très bientôt !

 

Photo: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH

Il y a definitivement un ‘après Haïti’ pour moi - par rapport à Haïti et dans ma vie personnelle.
Lambert Wilson, à l’aéroport de Port-au-Prince, au moment de quitter Haïti après une visite de six jours aux côtés des haïtiens et de la MINUSTAH.
Lambert Wilson à Cité Soleil
Dessin de Joao Baptista - UN/MINUSTAH

Lambert Wilson à Cité Soleil

Dessin de Joao Baptista - UN/MINUSTAH

Le blog de Lambert Wilson – Lundi 29 avril 2013 : dans les montagnes au-dessus de Port-au-Prince

Ce matin, dans les hauteurs de Port-au-Prince, nous avons visité un projet que j’ai trouvé extrêmement cohérent, car il mélange des notions sociales d’emploi et de réinsertion des jeunes des quartiers difficiles à qui l’on propose un travail. Ils améliorent leur quotidien dans la ville en construisant des murs de pierre dans cette ravine à flanc de montagne afin de retenir la terre en cas de pluies importantes. En travaillant, ces jeunes vont pouvoir gagner de l’argent, un minimum syndical respectable, afin d’améliorer à la fois leur quotidien et l’environnement de leur île. Ce projet est le fruit d’une très bonne collaboration entre la MINUSTAH et une association locale, l’Organisation des jeunes professionnels pour sauver Haïti. Avec l’aide d’agronomes, ils construisent ces murs en pierre sèche semblables à nos ‘restanques’ dans le midi, qui retiennent la terre et s’endurcissent au fil des ans pour constituer des remparts contre l’eau.

Je crois que ces jeunes sont très respectés dans le projet car on les emploie et en même temps ce sont leurs familles qu’ils protègent en empêchant le déferlement de l’eau si dévastatrice dans les quartiers bas. Il y a aussi des rencontres et des formations sur la violence, car, issus de quartiers très difficiles, ils appartiennent parfois à des gangs. Cela les responsabilise et peut faire germer une réflexion dans leur esprit par rapport à cette notion de violence.

Cependant je pars avec une impression mitigée. L’étendue des travaux à faire est énorme. Je me sens préoccupé car il y a une sorte de désintérêt du reste du monde. Les ONG et les Nations Unies ont fourni un gros effort, alors on se dit que le pire est passé, qu’il y a d’autres chantiers dans le monde, et l’on donne de l’argent pour d’autres priorités. Il y a effectivement des initiatives intéressantes en Haïti mais celles-ci auront besoin de l’oxygène que pourront leur apporter des soutiens extérieurs et, je l’espère, du gouvernement.

image

Saint Soleil

Après cela, nous avons continué notre progression dans la montagne pour atteindre le village de Soissons et la communauté artistique de Saint Soleil. C’est un ‘collectif d’artistes’ initié par le plasticien Tiga dans les années 70. Celui-ci a décidé, pour lutter contre la super commercialisation de l’artisanat pour touristes, de trouver une alternative en aidant des gens talentueux qui avaient d’autres métiers et qui ne dépendaient pas de l’art pour vivre. Il y a maintenant plusieurs générations d’artistes de Saint Soleil. Nous avons rencontré l’un d’entre eux, très doué, Onel. Côtés sur le marché de l’art, ils travaillent dans de bonnes conditions puisqu’ils ne sont pas en péril de survie en tant qu’artistes.

image

On pourrait imaginer que l’art passe au deuxième plan après les crises mais il reste vivant et l’existence de cette forme d’expression reste essentielle. J’avais noté depuis mon arrivée que l’Haïtien en général a un oeil pour l’arrangement des couleurs, des végétaux. C’est un pays tellement beau que j’imagine que cela instille dans l’œil un goût de l’esthétique. C’est frappant quand on arrive ici.

Il y a une sorte d’équation ‘Haïti = problèmes’. Même s’il y a des difficultés, il y a aussi des choses extraordinaires dans ce pays. La géographie, les paysages et les Haïtiens sont merveilleux. Ils m’ont complètement séduit. Pourtant, on ignore cela en lisant les journaux. Il est clair que, plus on avance dans la découverte d’Haïti, plus on se rend compte de sa complexité avec des strates sociales compliquées, une histoire très lourde, un rapport au politique pesant. Ça serait prétentieux de dire que je puisse être utile mais, en même temps, j’ai envie de revenir, si possible avec un projet. Maintenant c’est concret, j’ai vu les gens, les paysages, les situations et surtout un cadre dans lequel je peux m’impliquer, si les Nations Unies veulent bien continuer à travailler avec moi. Et maintenant, de retour en France, j’entre dans la période de réflexion.


Crédit photos: Igor Rugwiza - UN/MINUSTAH